IFTM 2026 : la RSE au cœur de l’avenir du tourisme

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Tourisme et RSE : Vers un réveil indispensable des professionnels face aux défis de demain


Du 15 au 17 septembre 2026, l'IFTM Top Resa a réuni à Paris Porte de Versailles les professionnels du tourisme pour sa 48e édition. 

Pour la première fois, AGAPÈ était présente au Village des Initiatives Durables, avec un stand dédié, une table ronde sur le thème « Prévenir les risques des tour-opérateurs et agences de voyage à travers une démarche RSE » et un atelier « Passons à l'action ». 

Trois jours également rythmés par de nombreux échanges avec les acteurs du secteur, venus partager leurs expériences, leurs préoccupations et leur vision de l'avenir du tourisme.

Cette édition s'est tenue dans un contexte particulièrement incertain. Défis climatiques, tensions géopolitiques, hausse des coûts de l'énergie, pression sur les modèles économiques et acceptabilité sociale des flux touristiques interrogent directement la capacité du secteur à s'adapter. 

Plus que jamais, les professionnels du tourisme sont amenés à repenser leurs pratiques, à anticiper les risques et à questionner la pérennité de leurs modèles.

Entre prise de conscience et résistance au changement, quel visage aura le voyage de demain ?

C'est la question qu'AGAPÈ-RSE a choisi de poser directement aux professionnels présents à l'IFTM Top Resa. Douze acteurs du secteur se sont prêtés à l'exercice, partageant leur perception des transformations en cours, des freins qui subsistent et des changements qu'ils jugent désormais indispensables.

De ces échanges émergent plusieurs constats communs.


Du tourisme de masse à la sobriété territoriale

En France comme partout dans le monde et particulièrement en Europe, l'épisode de canicule de 2026, semble avoir fini par ramollir les climato sceptiques. Le constat le plus partagé par l'échantillon de personnes interrogées est que:

Le modèle du tourisme axé sur le flux et la surconsommation a montré ses limites. Les épisodes de stress hydrique cet été et la pression exercée sur l'écosystème local poussent les zones de destination à repenser l'accueil des visiteurs. Comme le souligne Geneviève Clastre, l'enjeu réside dans la capacité des territoires à éviter les pics de surfréquentation et à préserver la qualité de vie des habitants.

Pour Anne-Marie Piazzoli, directrice de l'office de tourisme de Calvi Balagne, le tourisme de demain doit impérativement être un « tourisme de lien », replaçant l'humain et la nature au cœur de la stratégie de destination. 


La RSE : un changement de paradigme ou une simple contrainte ?

Il n'échappe à personne que plus les labels et chartes se multiplient, plus grande est encore l'inégalité de la mise en pratique de la RSE au sein des structures touristiques. Pour El Yamine Soum et Elsa Brandazure, la démarche ne doit pas se résumer à une suite de contraintes normatives, mais constituer une véritable boussole stratégique à long terme. 

L'objectif est d'aller au-delà de la simple compensation carbone pour viser des impacts réellement positifs : régénération des écosystèmes, soutien à l'artisanat local, et juste répartition de la valeur économique.


Agir ensemble : la clé du changement

Tous les acteurs rencontrés semblent s'être fait à l'idée que la transition du secteur ne pourra se faire sans une synergie entre tous les acteurs de la chaîne. 

Ce qui est une note d'espoir. 

Des institutionnels aux transporteurs en passant par les hébergeurs et les voyageurs eux-mêmes ainsi que les collectivités locales, tous sont unanimes qu'il faut une synergie d'ensemble face au péril qui pointe à l'horizon. 

L'invitation lancée par ces professionnels est unanime : cesser de subir les tendances pour anticiper, s'informer et réinvestir le sens originel du voyage. 

Le tourisme de demain sera solidaire, local et conscient, ou ne sera pas.